Ces temps-ci, je ne sais pas où je m’en vais, mais je suis bien. Je ne sais pas ce que me réserve demain, mais je vais bien. Le bonheur, c’est tellement subjectif comme concept. On en a tous une version différente, des besoins, des désirs, des perceptions diverses de ce qu’il est réellement ce bonheur. Pour moi, le minimalisme m’a beaucoup aidé à remettre tout cela en perspective. Je me rends bien compte que le bonheur il est partout, mais que nous n’avons pas tous la même faculté pour le voir, pas tous la même faculté de le ressentir. Je n’ai pas toujours été comme ça; capable de le reconnaître et de l’apprécier à petite échelle. C’est ma venue ici à Québec qui m’a permis d’y accéder. Autant j’ai passé par les pires épreuves de ma vie (subjectif à chacun ça aussi), autant traverser cela m’a permis de m’accrocher à ce que j’ai de toujours présent au fond de moi; ma résilience.

Ma résilience, ma capacité de voir le filet de lumière à l’horizon, même si c’est tout noir autour. Ne pas savoir sur quoi on va marcher au prochain pas, mais faire ce pas quand même parce que c’est la seule option qu’on a pour atteindre la parcelle de lumière au loin. C’est du travail, ça prend de la volonté, ça prend de l’effort. Ça ne se fera pas facilement ni de façon « magique ». Lorsqu’on est conscient de ça, (être dans un trou noir de la vie), on n’a pas tellement d’option. Soit on choisit d’avancer quand même et de se reconstruire en cours de route, soit on choisit de rester là, immobile, à attendre que quelque chose d’extérieur à nous change les choses. La deuxième option peut se faire attendre très longtemps, tellement longtemps que l’on peut s’enfoncer encore plus dans notre noirceur. On peut aussi en venir à aimer cette noirceur, à se contempler dedans, à trouver que finalement c’est un moyen pour que les autres s’intéressent à nous, nous aide. Rendu là, on ne souhaite plus faire d’effort parce que les autres se démènent à notre place, ils se donnent corps et âmes pour nous sauver, mais sans succès parce que nous on a abandonné la partie depuis longtemps. Cette option nous laisse nous enliser dans notre noirceur, parce que les gens s’épuisent à nous aider, ils finissent par nous laisser tomber et là, on tombe encore plus profondément dans le noir.

Bref, je le dis souvent, notre bonheur c’est notre responsabilité personnelle. C’est une question de choix. Un choix de la sorte n’est jamais vraiment facile à faire, parce que choisir signifie qu’on doit aussi laisser quelque chose derrière. Peut-être que c’est de renoncer à une relation toxique, à un emploi qui ne nous convient plus, à une dépendance quelconque, etc. Devenir responsable de son bonheur c’est accepter de devenir vulnérable parfois, c’est accepter de vivre nos émotions plus consciemment aussi. Pour moi, le bonheur n’est pas quelque chose d’externe, c’est ma responsabilité de retrouver le bonheur au fond de moi, où que je sois. Pour moi, le bonheur il est partout, il est dans le lever du soleil que j’ai vu ce matin, il est dans le regard de mes enfants quand je leur souris, il est dans les petites attentions que mon mari a pour moi. Il est aussi dans l’odeur du café, dans le son de la voix de ma mère, dans le mouvement d’une feuille d’automne qui tombe doucement sur le sol. Le bonheur est dans ma musique préférée, dans le livre que je dévore lorsque les enfants sont couchés, dans le geai bleu qui se perche devant ma fenêtre, dans la forêt qui m’enveloppe quand je vais y marcher.

Quand on est jaloux du bonheur des autres, il faut se questionner sur nous-mêmes. Qu’est-ce qui dans la vie de cette personne me fait envie? Pourquoi je me sens comme ça en sa présence? Qu’est-ce qu’elle a de plus que moi? Qu’est-ce qu’elle fait que je ne fais pas? Pourquoi ça lui semble si facile et moi je dois redoubler d’efforts pour avoir la même chose? La comparaison avec les autres n’a jamais été vraiment utile donc pourquoi ne pas se centrer sur que nous on veut? Sur ce que nous on a besoin? Peut-être que oui cette personne vous semble parfaite, mais au fond ce qui dérange c’est qu’elle a déjà fait tous les efforts pour se rendre là où nous aimerions être. Elle ne l’a pas volée sa place, elle l’a acquis. On envie souvent le parcours déjà fait de la personne, on oublie qu’elle a passé par le même processus par lequel on doit passer pour accéder à notre but.

Ne lâchez pas votre bonheur, persévérez à avancer vers lui, quelle que soit la signification que vous lui portez. Faites votre propre route, avancez selon votre propre rythme et un jour ou l’autre vous finirez bien par l’attendre, si vous en avez vraiment fait le choix!

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