Ce mois-ci, je suis fatiguée des gens qui se cachent derrière leurs écrans pour dire haut et fort ce que jamais ils ne diraient face à une autre personne. Si le commentaire que vous faites, vous n’auriez pas le courage de le dire directement à la personne, abstenez-vous! On dirait que maintenant, tout est permis. Collectivement, on jette des roches quand ça ne fait pas notre affaire, mais des fleurs ça, je n’en vois pas beaucoup passer! Et si pour novembre on se donnait comme objectif de mieux gérer nos réseaux sociaux? Si on en profitait pour faire du vrai cocooning sans avoir le cellulaire au bout des doigts à chaque moment de notre vie? Si au lieu de prendre 56 photos de vos enfants pendant telle activité, vous viviez cette activité avec eux? Si au lieu de regarder votre téléphone, vous échangiez véritablement en face à face avec quelqu’un? Sommes-nous à ce point seul dans nos vies pour être constamment branchés artificiellement aux autres?

Je vous mets au défi, en novembre, de réfléchir à vos besoins en matière d’écran. De vous demander quels besoins, attentes, désirs se cachent derrière tout ça. Fuyez-vous quelque chose qui ne vous plaît pas dans votre vie? Autant les médias sociaux peuvent être un levier extraordinaire pour faire connaître une cause ou venir en aide à des gens, autant cela peut être un lieu de compétition, de comparaison et de voyeurisme malsain. À quoi vous servent les réseaux sociaux? (J’exclus ici ceux qui s’en servent pour travailler, parce que pour plusieurs c’est devenu un outil de travail.)

Dans l’article du journal Le Devoir, on peut lire:

« Au Québec, les élèves du secondaire passent en général 25 heures sur les bancs d’école. Un des principaux constats de l’étude est que le nombre de ceux qui consacrent plus de 35 heures par semaine à leurs écrans — soit l’équivalent de la semaine d’un travailleur — a plus que doublé en cinq ans, passant de 9 à 19 %. Et le nombre de ceux qui y engouffrent 45 heures par semaine a quant à lui plus que triplé, pour passer de 3,3 % à 11 %. » – Institut de la statistique du Québec

Ces chiffres sont assez éloquents et choquants! Que font nos jeunes derrières leurs écrans? La vie ça se passe aussi dehors, en famille, à cuisiner, à apprendre par l’expérience, à vivre des expériences réelles avec des personnes réelles. Bref, mon billet de ce mois-ci m’a permis de prendre conscience de deux choses. 1 : Je réduis mon utilisation des écrans et médias sociaux pour le mois de novembre au complet afin d’observer les effets que ça aura sur ma vie (je vous reviendrai là-dessus, promis). Mon objectif est de consulter mon téléphone ou ordinateur matin et soir seulement pour un maximum de 15 minutes à la fois (j’exclus le temps de travail de bureau sur mon ordinateur, on s’entend ça me prendrait une éternité rédiger mes dossiers à la main!). 2 : Je me fais la promesse de vivre ma vie en temps réel le plus possible et non de la manquer les yeux rivés sur mon téléphone. Quand je serai vieille et fripée, je veux pouvoir raconter et échanger des souvenirs tangibles à mes petits-enfants et avoir la chance de leur raconter comment c’était dans mon temps, comme les grands-parents devraient le faire avec leurs petits-enfants aujourd’hui!

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